Aspects pratiques et juridiques de la garde d'animaux
Responsabilités, assurances, fiscalité et recours : maîtrisez le cadre légal de la garde entre particuliers
Mis à jour en janvier 2026 · Temps de lecture : 14 min
Confier son animal à un pet-sitter soulève de nombreuses questions pratiques et juridiques. Qui est responsable si l'animal cause un dégât ? Que se passe-t-il en cas d'accident ou de maladie pendant la garde ? Quelles sont les obligations légales du pet-sitter ? Le propriétaire peut-il bénéficier d'avantages fiscaux ?
Ce guide répond à toutes ces questions en détaillant le cadre légal français applicable à la garde d'animaux entre particuliers. Il complète notre guide pour bien choisir et préparer une garde en abordant les aspects souvent négligés mais essentiels de cette démarche.
Que vous soyez propriétaire souhaitant confier votre animal en toute sécurité juridique, ou pet-sitter désireux de connaître vos droits et obligations, ce guide vous donnera les clés pour agir en connaissance de cause. Pour les pet-sitters souhaitant se professionnaliser, consultez également notre guide pour devenir pet-sitter.
Formaliser la garde par écrit protège le propriétaire comme le pet-sitter — Photo : Pexels
1. Responsabilité en cas d'accident ou de dommage
La question de la responsabilité est sans doute la plus importante lorsqu'on confie un animal à un tiers. Le droit français établit un cadre clair, bien que certaines situations puissent s'avérer complexes.
Le principe général : la responsabilité du gardien
L'article 1243 du Code civil (anciennement 1385) pose un principe fondamental : « Le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage, est responsable du dommage que l'animal a causé. »
Cela signifie que pendant la durée de la garde, c'est le pet-sitter qui assume la responsabilité des dommages causés par l'animal à des tiers. Le transfert de responsabilité s'opère dès lors que le pet-sitter a la garde effective de l'animal (pouvoir d'usage, de direction et de contrôle).
Les différents scénarios de responsabilité
Scénario
Responsable
Couverture
L'animal mord un passant pendant la promenade
Le pet-sitter (gardien effectif)
RC du pet-sitter
L'animal détériore le mobilier du pet-sitter
Le propriétaire (vice de l'animal connu)
RC du propriétaire
L'animal s'échappe par négligence du pet-sitter
Le pet-sitter (faute de surveillance)
RC du pet-sitter
L'animal tombe malade pendant la garde sans faute
Personne (aléa)
Assurance santé animale
Le pet-sitter est blessé par l'animal
Le propriétaire (si vice caché)
RC du propriétaire
L'assurance responsabilité civile
L'assurance RC est la pierre angulaire de la protection juridique en matière de garde d'animaux. Voici ce que chaque partie doit vérifier :
Pour le propriétaire :
Vérifiez que votre assurance habitation (qui inclut généralement la RC) couvre les dommages causés par votre animal, y compris quand il est confié à un tiers
Pour les chiens de catégorie 1 et 2, une assurance spécifique est obligatoire
Informez votre assureur que vous confiez régulièrement votre animal à un pet-sitter
Pour le pet-sitter :
Vérifiez que votre assurance RC personnelle couvre la garde d'animaux de tiers
Certains contrats excluent explicitement les dommages liés aux animaux gardés : lisez attentivement les clauses d'exclusion
Si vous gardez régulièrement des animaux, envisagez une extension de garantie ou une assurance professionnelle spécifique
💡 Vérifiez vos contrats d'assurance
Avant toute garde, propriétaire et pet-sitter devraient s'échanger leurs numéros de contrat d'assurance RC. Cette information figure dans le protocole d'accord Dog Sitting, qui constitue un cadre juridique rassurant pour les deux parties.
2. Que faire si l'animal tombe malade ou s'échappe
En cas de problème de santé pendant la garde, le pet-sitter doit pouvoir agir rapidement — Photo : Pexels
L'animal tombe malade pendant la garde
Malgré toutes les précautions, un animal peut tomber malade pendant la garde. Voici la marche à suivre :
Contacter le propriétaire : informez-le immédiatement des symptômes observés (vomissements, diarrhée, léthargie, refus de manger)
Consulter le vétérinaire : si les symptômes sont préoccupants ou si le propriétaire est injoignable, conduisez l'animal chez le vétérinaire dont les coordonnées figurent dans la checklist de garde
Présenter l'autorisation de soins : le document signé par le propriétaire permet au vétérinaire d'intervenir
Conserver les justificatifs : gardez toutes les factures vétérinaires et ordonnances pour le remboursement
Qui paie les frais vétérinaires ? Sauf faute du pet-sitter (négligence, mauvaise alimentation), les frais vétérinaires sont à la charge du propriétaire. Il est recommandé de prévoir un plafond de dépenses autorisées sans validation préalable (par exemple 200 à 500 €) dans le contrat de garde.
L'animal s'échappe pendant la garde
La fugue d'un animal est une situation stressante qui nécessite une réaction rapide et organisée :
Alerter immédiatement : prévenez le propriétaire, la mairie, la fourrière et les vétérinaires du secteur
Signaler la disparition : déclarez la perte sur l'I-CAD (fichier national d'identification des carnivores domestiques) si l'animal est pucé
Organiser les recherches : diffusez des affiches avec photo, contactez les associations locales de protection animale, publiez sur les réseaux sociaux dédiés (Pet Alert, groupes Facebook locaux)
Documenter la situation : si la fugue est due à un défaut de surveillance, la responsabilité du pet-sitter peut être engagée
⚠ Prévention des fugues
La meilleure stratégie reste la prévention. Vérifiez avant la garde que le jardin est bien clôturé, que la laisse est adaptée, et que les fenêtres sécurisées pour les chats (filets de protection). Précisez dans le protocole d'accord les précautions spécifiques à prendre.
Le décès de l'animal pendant la garde
Cette situation dramatique, bien que rare, doit être envisagée :
Prévenir immédiatement le propriétaire avec tact et empathie
Consulter un vétérinaire pour établir la cause du décès (certificat vétérinaire)
Ne pas faire disparaitre le corps : le propriétaire décide de la destination (enterrement, crémation)
Déterminer la responsabilité : si le décès est lié à une négligence du pet-sitter, sa responsabilité civile peut être engagée. Si c'est une cause naturelle, aucune responsabilité n'est engagée
3. Obligations légales du pet-sitter
Les obligations légales varient selon que le pet-sitter exerce à titre occasionnel (entre particuliers) ou professionnel. Voici un tour d'horizon complet.
Connaître ses obligations légales est essentiel pour exercer en toute sérénité — Photo : Pexels
Le pet-sitter occasionnel (entre particuliers)
La grande majorité des gardes organisées via Dog Sitting relèvent de la garde occasionnelle entre particuliers. Dans ce cas :
Pas de déclaration obligatoire : le pet-sitter occasionnel n'a pas besoin de déclarer son activité tant qu'elle reste ponctuelle et non lucrative (ou faiblement rémunérée)
Pas de formation obligatoire : aucun diplôme n'est requis pour garder occasionnellement un animal de compagnie
Assurance RC personnelle : la RC incluse dans l'assurance habitation couvre généralement cette activité (vérifiez votre contrat)
Obligation de moyens : le pet-sitter s'engage à prendre soin de l'animal avec diligence, comme le ferait un bon père de famille
Le pet-sitter professionnel
Dès lors que l'activité devient régulière et rémunérée, des obligations supplémentaires s'appliquent :
ACACED obligatoire : l'Attestation de Connaissances pour les Animaux de Compagnie d'Espèces Domestiques est requise pour toute activité professionnelle liée aux animaux de compagnie
Déclaration en préfecture : (DDPP - Direction Départementale de la Protection des Populations)
Statut juridique : auto-entrepreneur, entreprise individuelle, ou CESU employé. Consultez notre guide pour devenir pet-sitter pour les détails
Assurance RC professionnelle : obligatoire et spécifique à l'activité de garde d'animaux
Conformité des locaux : si le pet-sitter accueille des animaux chez lui à titre professionnel, ses installations doivent respecter les normes sanitaires
L'identification de l'animal : une obligation légale
En France, l'identification est obligatoire pour :
Les chiens de plus de 4 mois (puce électronique ou tatouage)
Les chats de plus de 7 mois
Les furets
Avant d'accepter une garde, le pet-sitter devrait vérifier que l'animal est bien identifié. En cas de fugue ou d'accident, l'identification est le seul moyen fiable de retrouver le propriétaire. Le numéro d'identification doit figurer dans le protocole d'accord.
📄 Obligations récapitulatives par profil
Propriétaire : identification à jour, vaccins à jour, informations complètes sur la santé et le comportement, autorisation de soins écrite, assurance RC à jour
Pet-sitter occasionnel : assurance RC personnelle vérifiée, diligence et prudence dans la garde, respect des consignes du propriétaire
Bonne nouvelle pour les propriétaires : sous certaines conditions, les frais de garde de votre animal peuvent ouvrir droit à des avantages fiscaux. Voici un tour d'horizon des dispositifs existants.
La garde d'animaux peut ouvrir droit à des avantages fiscaux sous certaines conditions — Photo : Pexels
Le CESU (Chèque Emploi Service Universel)
Le CESU est le dispositif le plus courant pour rémunérer un pet-sitter à domicile. Il présente de nombreux avantages :
Simplicité administrative : le CESU gère la déclaration, le calcul et le prélèvement des cotisations sociales
Protection du pet-sitter : il bénéficie de la couverture sociale (maladie, accident du travail, retraite)
Crédit d'impôt : le propriétaire bénéficie d'un crédit d'impôt de 50 % des sommes versées (dans la limite du plafond annuel)
Conditions d'éligibilité au CESU pour la garde d'animaux :
La garde doit avoir lieu à votre domicile (pas en pension ni chez le pet-sitter)
Le pet-sitter intervient en tant que salarié à domicile (employé par le particulier)
L'activité doit être déclarée via le CESU déclaratif (site cesu.urssaf.fr)
Les services doivent relever des services à la personne : la garde d'animaux à domicile y est éligible lorsqu'elle s'inscrit dans un ensemble de prestations à domicile
⚠ Attention aux limites du CESU
La garde d'animaux seule (sans autre prestation à domicile) ne donne pas toujours droit au crédit d'impôt. Le CESU est principalement conçu pour les services à la personne. Cependant, si le pet-sitter assure également l'entretien du logement, l'arrosage des plantes ou la réception du courrier pendant votre absence, l'ensemble peut être éligible. Consultez votre centre des impôts pour une réponse définitive.
Le crédit d'impôt services à la personne
Le crédit d'impôt de 50 % s'applique dans les conditions suivantes :
Plafond annuel : 12 000 € de dépenses (soit un crédit maximum de 6 000 €), majoré de 1 500 € par enfant à charge ou membre du foyer de plus de 65 ans
Crédit et non réduction : il s'agit bien d'un crédit d'impôt, c'est-à-dire que même les personnes non imposables en bénéficient (remboursement par le Trésor public)
Déclaration : reportez les sommes versées sur votre déclaration de revenus (case 7DB ou 7DL selon votre situation)
La rémunération entre particuliers hors CESU
Si la garde ne passe pas par le CESU (par exemple, un dédommagement convenu entre particuliers via Dog Sitting), les règles sont différentes :
Un dédommagement modique entre particuliers n'a généralement pas à être déclaré (entraide, défraiement)
Au-delà d'un certain montant ou en cas de régularité, la rémunération doit être déclarée comme revenus divers par le pet-sitter
Le propriétaire ne bénéficie pas du crédit d'impôt dans ce cas
Pour connaître les tarifs pratiqués par la communauté, consultez notre grille tarifaire.
L'échange de services : le modèle Dog Sitting
Le système d'échange de services promu par Dog Sitting présente l'avantage de la gratuité : deux propriétaires se gardent mutuellement leurs animaux. D'un point de vue fiscal :
L'échange de services entre particuliers n'est pas imposable en l'absence de flux financier
Aucune déclaration n'est nécessaire
La seule contrepartie est la réciprocité du service
5. Recours en cas de litige
Même avec la meilleure préparation, un désaccord peut survenir entre le propriétaire et le pet-sitter. Voici les étapes à suivre pour résoudre un conflit.
Étape 1 : Le dialogue direct
La première démarche est toujours le dialogue. La plupart des litiges liés à la garde d'animaux résultent de malentendus ou de divergences d'interprétation. Un échange calme et factuel permet souvent de trouver une solution amiable.
Étape 2 : La mise en demeure
Si le dialogue échoue, envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception détaillant :
Les faits reprochés (avec dates et preuves : photos, échanges de messages, factures vétérinaires)
Le préjudice subi (montant des dégâts, frais engagés)
La réparation demandée (remboursement, indemnisation)
Un délai raisonnable de réponse (15 à 30 jours)
Étape 3 : La médiation
Avant toute action judiciaire, la médiation est une option recommandée et parfois obligatoire :
Médiateur de la consommation : si le pet-sitter est un professionnel, vous pouvez saisir un médiateur gratuitement
Conciliateur de justice : gratuit, disponible au tribunal judiciaire ou en mairie, il aide à trouver un accord amiable
Étape 4 : L'action en justice
En dernier recours, une action en justice peut être engagée :
Tribunal de proximité : pour les litiges inférieurs à 5 000 €. Procédure simplifiée, sans avocat obligatoire
Tribunal judiciaire : pour les litiges supérieurs à 5 000 €. Avocat recommandé
Preuves à rassembler : contrat de garde signé, échanges de messages, photos, factures, certificats vétérinaires, témoignages
💡 L'importance du contrat écrit
Le meilleur moyen de prévenir les litiges est de tout formaliser par écrit avant la garde. Le protocole d'accord Dog Sitting constitue une base juridique solide en cas de désaccord. Sans écrit, il est beaucoup plus difficile de prouver les engagements de chaque partie. Pour en savoir plus sur la formalisation, consultez la section contrat de notre guide de préparation à la garde.
Les litiges les plus fréquents
Voici les types de litiges les plus courants et comment les prévenir :
Litige
Prévention
Dégâts matériels (animal ayant détruit du mobilier)
Clause dans le contrat précisant la prise en charge, état des lieux avant/après
Frais vétérinaires contestés
Plafond de dépenses autorisées inscrit dans le contrat, autorisation de soins signée
Annulation de dernière minute
Clause d'annulation avec délai de prévenance et indemnisation prévue
Animal rendu en mauvais état
Photos avant/après la garde, bilan vétérinaire préalable
Non-respect des consignes
Checklist écrite détaillée, communications régulières pendant la garde
En résumé
Maîtriser les aspects pratiques et juridiques de la garde d'animaux est essentiel pour protéger toutes les parties impliquées. Voici les points clés à retenir :
La responsabilité du pet-sitter est engagée pour les dommages causés par l'animal pendant la garde
L'assurance RC du propriétaire et du pet-sitter doit couvrir la garde d'animaux
Les obligations légales varient selon le caractère occasionnel ou professionnel de l'activité
Le CESU permet un cadre fiscal avantageux pour les gardes à domicile
Le contrat écrit (protocole d'accord) est la meilleure protection contre les litiges